Avant de reprendre mon récit là où je l'avais interrompu pour de basses raisons alimentaires, je tiens à porter à votre connaissance un fait
d'importance: ma clim est réparée, je ne me réveillerai donc plus dans une pièce à 32°C à 8 heures du matin. Je ne mesure pas encore toute l'étendue de mon bonheur.
Autre point important: je n'arrive toujours pas à éditer mes vidéos, vous avez donc assez peu de chances de les voir un jour sur ce blog (quel nom atroce, d'ailleurs "blog", ça me rapelle le
blobfish).
Cela fait bien une semaine que je repousse le moment de vous parler de mon séjour à Kyoto. Ces quelques jours ont été extrêmement denses, et je ne sais vraiment pas par où commencer.
Mais il faut bien se lancer...
Ce que je retiendrai de Kyoto:
-l'ambiance de l'auberge de jeunesse...Tout le monde se croise, s'interpelle, dans un déluge de "Where are you from? France, London, Australia, Malaisia, Denmark, Spain (oui, je peux continuer
longtemps comme ça)". J'ai été danser avec des espagnols et un anglais (vous le saviez déjà, mais c'est pour conserver la cohérence du récit), j'ai mangé des onigiri et bu du thé au jasmin avec
un étudiant de Jussieu, parlé musique avec des français autour d'une (...trois...) bière (...s...), parlé de tout et de rien avec plein de monde jusqu'a 4 ou 6 heures du matin... Je ne me suis
jamais sentie aussi sociable. C'est fou.
-les restos de tofu. Alors, je dis tofu et tout le monde tire la tronche, genre "oui mais le tofu, c'est nul, ça n'a pas de goût". Pour dire vrai, c'est ce que je pensais moi aussi avant le
Japon. Après le resto partagé avec Ayumi-san, j'ai réitéré l'expérience complètement par hasard avec trois français qui se rendaient au Fuji Fest (un festival, comme vous l'aurez habilement
deviné). Une rencontre par hasard (Tu veux venir manger avec nous? D'accord.) On a joué de malchance, on est parti à l'improviste, sans réservation, à Kyoto, peut-être la ville la plus
touristique du Japon, une veille de jour férié...On a déniché un minuscule resto (5 tables au plus) dans une petite ruelle toute mignonne (je précise le caractère mignon de la ruelle, parce que
dans mon esprit, et sans doute aussi dans l'imaginaire collectif, une ruelle c'est glauque et sale). Cette expérience culinaire est assez indescriptible, mais au fond, je n'ai pas non plus
vraiment envie de la décrypter, de peur d'en perdre la saveur.
Repas pris avec Ayumi-san
-le monde est petit. Jo et ses amis vont au Fuji Fest. Je suis jalouse, cela va sans dire...J'engage la conversation sur la musique et là, STUPEFACTION, il s'avère que nous avons des goût très
proches sur la question mais surtout, que nous avons assisté à plusieurs concerts ensemble à Paris (Explosions In The Sky, Red Sparrowes, A Silver Mount Zion). C'est donc avec joie (et aussi
parce que c'est une personne très sympathique) que je risque de le retrouver au prochain concert de A Silver Mount Zion,Paris, Novembre prochain. J'ai failli assister, totalement par hasard, à un
concert d'un groupe dénommé Balzac (Flaubert eut été de meilleur goût littéraire selon moi, qui déteste Balzac autant que l'être le plus inutile du monde déteste Paul-Hubert Lafleur. C'est dire).
J'apprendrais par la suite que Balzac est un groupe de Visual Kei. J'ai surtout été attirée par le look du public qui faisait la queue devant une toute petite porte. Du noir, du piercing (j'en
profite pour vous parler d'une boutique de fringues de type "Nana" (le manga) découverte à Kyoto.J'ai donc un haut à manches très évasées donc je suis folle...les autres vêtements qui me
plaisaient n'étaient bien sur pas soldés. J'aurais du prendre les vendeuses en photos. Mais bon, si vous voulez vous faire une idée du look et des chaussures, je vous reconseille de jeter un coup
d'oeil à Nana). Je me suis renseignée sur le prix, 3300 yens...trop pour un groupe qui m'est complètement inconnu...La mort dans l'âme, je passe mon chemin. Les concerts, façon "Beck" (le manga)
me font défaut, je le regrette un peu (mais mon séjour n'est pas finit, faut "juste" que je me trouve un pote un peu rock spirit. C'est bien là, je crois, tout le problème. Sinon, j'ai vu un
ukulélé AstroBoy. C'est fou la vie)
-ma résistance à la chaleur. Avec une température moyenne de 36° en journée, j'étais à mon aise et j'ai parcouru à pied en long en large et en travers Kyoto, sans jamais prendre le bus.
Finalement, j'ai attrapé un rhume, vu que la clim fonctionnait à plein régime à l'auberge (ça fait très moyennageux, ça).
-les coin lockers. Une bénédiction.
-le style un peu rétro de la ville, avec les fils électriques qui tissent, comme dans beaucoup de villes ici, des toiles à plusieurs étages. La ville est, pour les parties est et ouest tout du
moins, construite presque à flanc de colline, émeraudes. La saison est aux festivals traditionnels, beaucoup d'habitants arborent de sompteux kimonos.
-le château Nijo (Nijo-jo). J'ai mis trois jours à y accéder...Le premier jour, on m'a filé des indications moisies. Je me suis donc perdue. Mais au final, c'était tout à fait agréable de
déambuler dans les petites rues non touristiques de la ville. Et comme dans toute ville quadrillée, on n'est jamais perdu bien longtemps. Le deuxième jour, je suis allée dans le parc du palais
impérial de Kyoto, trouver quelques instants de quiétude au milieu d'arbres centenaires. Le palais en lui même à l'air imposant, tout comme les deumeures des nobles qui l'entourent, mais rien de
tout cela ne se visite. Je me suis arrêté boire un café glacé (j'ai du boire 4 litres de divers liquides, thé, café, eau, pocari sweat (oui le nom est dégueu, c'est simplement une boisson riche
en électrolytes, comme la sueur, qui de ce fait est très bien absorbée par l'organisme)) dans le "routiers" (désolée, c'est le terme le plus adéquat que j'ai pu trouver) de l'aire
de repos du parc. Sentiment d'être quelque part dans les années 70 ou 80. Je suis presque seule à l'intérieur. En sortant du parc, une belle maison me faisait de l'oeil et je suis
passée devant un petit salon de thé, où un groupe de femmes d'une cinquantaine d'années prenait leur "teatime" entre copines. Comme dans la plupart des endroits tout est rédigé en kanji. Mais
comme dans la plupart des endroits, les plats (reproduits en plastique de manière très réaliste) sont exposés dans la vitrine. Après avoir recopié lesdits kanjis, je parvient à commander une
glace au thé vert avec haricots rouges et boules gluantes de riz. La serveuse est adorable et m'explique comment lire le kanji. A nouveau, l'atmosphère hors du temps me saisit, moi et ma
solitude, et sans nul doute, cette simple glace sera un de mes meilleurs souvenirs de Kyoto. Mais je vous parlais de Nijo-jo. Après avoir quitté à contre-coeur le salon, je parviens au
chateau...qui est fermé, comme tout les mardis."Lundi matin, l'empereur, sa femme et le ptit prince...". Le lendemain est ma dernière journée de vacances, par conséquent, j'emporte mes sacs sur
mon dos, et je repars en mode galérienne, toujours résolue à ne pas prendre le bus (je ne comprendrai jamais pourquoi je déteste à ce point prendre le bus). Mal m'en a pris. Je décide de faire un
bout de chemin en métro.
Au Japon, il y a le métro, les trains du réseau JR, les lignes privées. Je ne ferais pas plus de commentaires sur le côté peu pratique de la chose, surtout quand des stations sont relativement
éloignées (quand on marche à pied) on exactement le même nom d'une compagnie à l'autre. Ce qui me permettra de marcher 45 minutes pour retrouver ce satané chateau après être sortie du train. En
bus, cela m'aurait pris 10 minutes...Le chateau, qui date de l'époque de la réunification du Japon (si j'ai bien compris, mais un livre d'histoire vous sera bien plus utile...) est splendide.
L'ensemble des murs (des parois, des panneaux pour être plus précis) et des plafonds sont peints (certains décors remontent au XVIIème siècle). Le plancher craque à dessein sous
les pas des visiteurs, et des des espions d'alors. Le jardin est immense et magnifique, j'imagine la splendeur que cela doit être au printemps. Les cigales assourdissent l'air.
Malheureusement les touristes aussi et c'est un point sacrément négatif, à mon avis (même si je ne me place pas au-dessus des autres visiteurs, bien entendu, je fais partie de la masse). Le
lieu y perd beaucoup en charme et j'y gagne en misanthropie. Si seulement j'avais une hache...
-les temples. Comme le Périgord est réputé pour ses Milles Châteaux, un adage doit exister à propos de Kyoto et de ses temples (après vérification, il y a pres de 2000 temples et shrines (les
espèces de grand portails...je ne connapit pas la traduction en français)). Aussi divers que les zizis de Perret (j'y ai vraiment pensé sur le coup). Il y a tellement à voir, tellement
d'histoires, de détails...Mais j'ai un peu du mal avec la surconsommation culturelle type MacDo (voir beaucoup et vite). J'ai donc décidé de ne visiter qu'un nombre restreint de temples (qui sont
des lieux de culte, après tout, j'ai beau être athée, j'essaie de m'imprégner de la sérénité de ces lieux. Et je trouverai ça extrêmement impoli de ne passer qu'en coup de vent, comme on
feuillette un prospectus. Je m'excuse des comparaisons bancales, mais c'est une nécessité que j'ai beaucoup de mal à exprimer.)
Accompagnée d'Ayumi-san, j'ai été à Arashiyama (partie ouest de la ville, à flanc de colline (yama), donc), me perdre (sens non littéral) au temple de la forêt de bambou, dans la maison de
bambou dédié à Kaguya Hime (une princesse de légende) ainsi que deux autres temples dont le nom m'échappe soudain. Le quartier est presque désert et m'évoque les décors de "Quartier Lointain" de
Jiro Taniguchi. Après ces instants de quiétude, nous avons rejoint le centre de Kyoto et des amis d'Ayumi-san, avec lesquels nous sommes allées dans un izakaya. Au bout de deux heures, je me suis
rendue compte que j'étais de très loin la plus jeune, mais le repas fut extrêment sympathique (plateau de sashimis, saké, omelette à l'anguille, oeufs de poissons...).
L'auberge se trouvait dans le quartier de Gion, quartier trad et touristique, bordé d'une petite rivière. J'en profite pour visiter le temple de Yasata. Mais mon désir de fuir la foule me porte
vers le parc et les autres temples qu'il contient (temple tout simple, presque dans la forêt, collé à la colline par ici presque verticale ou un grandpère et sa petite fille montent pour dire une
prière), la fête populaire, un cimetière. Dans une rue très passante (Shijo-dôri) (doux euphémisme, c'est sans doute la rue principale de Kyoto), je découvre un minuscule temple auquel personne
ne semble prêter attention...Les personnes qui prient suivent un rituel (mais je n'ai pas vraiment saisi s'il y avait une différence entre les temples shinto et les temples bouddhistes dans la
manière de prier): jeté d'une pièce au niveau de l'autel de bois, sonner la cloche, saluer deux fois, claquer deux fois dans les mains, joindre les mains ,saluer. Sur les conseils enthousiastes
de Jo, je me décide à aller voir les 1001 bouddhas de Sanjusangendo. Ce qui se dégage de ce temple est si fort que j'envisage un instant de me convertir au bouddhisme (...je ne sais pas si les
bouddhistes athées sont légion...). Milles incarnations de bouddhas et les 28 dieux gardiens (le panthéon japonais m'a l'air un rien compliqué) encadrent le bouddahs protecteur de tous les mondes
dans le temple le plus long du Japon.
Le caractère inneffable de ces visites explisque sans doute ma réticence à vous raconter Kyoto par le menu...
Le temple aux 1001 bouddhas. Les photos de l'intérieur sont des photos de cartes postales, donc sont assez moches.
-Nara, une ville proche de Kyoto. Suite à des tatonnements d'emploi du temps, des matinées un peu trop grasses et un temps certain passé à marcher dans Kyoto, je n'ai pu y consacrer qu'un après
midi. Je me suis donc limitée au parc de Nara, ou les daims, émissaires (ou incarnation??) des dieux vivent en liberté (et ils sont vraiment apprivoisés). En dépit de leur caractère prétendumment
divin, vous vous imaginez bien que je ne les ai ni nourris ni touchés. Ahhhhh, si j'avais un fusil.........
Le parc abrite de nombreux temples, dont le temple du grand bouddhah, Todaiji. Bouddhah que j'ai contemplé une bonne demi heure sans bouger, en réussissant presque à faire abstraction de la
foule qui m'entourait. J'ai entendu un tout petit garçon, de cinq ou six ans s'écrier "Come on here!!! There is a GIANT THING" (à sa décharge la statue doit approcher les 30 mètres de haut). Un
tatouage attire mon attention, et je reconnais Sacha et Oscar, mes potes anglais de l'auberge. Je termine donc la visite sur une note beaucoup moins extatique et spirituelle (on a
fini par acheter des serres têtes "oreilles et cornes de daim').
Un pilier du temple est percé, si on peux le traverser, on est chanceux. Je suis chanceuse (d'ou ma conclusion "les gens avec beaucoup d'épaule ou au grand tour de taille ne sont jamais
chanceuses").
To
ut cela ne m'a bien sûr pas empêcher de compter les mouches des le lendemain.
Mais j'aurais encore d'autre histoires.
On se prend en photo avec des mues d'insectes sur la langue...