La saison des pluies a ses avantages. Seuls les plus acharnés se risquent dans les lieux touristiques. Pouvant être une acharnée, je m'en vais vous
conter mon samedi à Dazaifu, une petite ville au sud de Fukuoka.
J'ai rejoins Taichi-san (l'étiquette voudrait que je dise "senpai" et pas "san"...mais bon, il m'a assuré que cela n'avait pas d'importance) à Kyudai. Taichi-san bosse sur
les mécanismes moléculaires du rythme circadien de la Drosophile. Il est très sympa, il a à peu près mon âge et c'est avec lui que je m'amuse à GTA (Great Teacher Alexandra). On a
pris un train de banlieue (un RER moins glauque...pas difficile) et, tout à notre discussion on s'est plantés d'arrêt. Pour se rendre compte que la gentille pluie s'était transformée en une
assemblée de cordes, de hallebardes (je reviendrai plus tard aux hallebardes), de chats et de chiens. Mais au moins ça nous fait rire. Arrivés en ville, on se réfugie dans un resto (de toutes
façons, il n'est pas loin d'une heure), histoire de laisser au ciel le temps de s'assécher (autant vous prévenir tout de suite ça n'a pas marché...C'était même pire après). Le resto possède un
super jardin japonais
Je commande des udons et Taichi-san des sobas (des nouilles, que l'on trempe dans de la sauce soja) et des beignets de tempura. J'ai poussé le vice touristique jusqu'a prendre des photos desdites
nouilles:
A propos des restos, un verre d'eau bien glacée est toujours servi quand on arrive, ainsi qu'une serviette humide pour se décrasser les mains. C'était très bon (comme d'habitude. Du coup, sauf
mention contraire, quand je parlerai de ce que j'ai mangé, sous-entendez "c'était très bon").
Nous sommes ensuite passés dans la boutique Hello Kitty du lieu (à moi les mini HK à grelots!!!).
Dazaifu est connue pour ses nombreux temples et autres vestiges du passé (j'ai prévu d'y retourner pour visiter d'autres endroits et me faire une balade dans les collines environnantes. Vous vous
souvenez de la forêt de Princesse Mononoké (Hime Mononoke)? (vous ne l'avez pas vu... ... ... dommage). C'est la même. J'espère que je croiserai les petits bonhommes blancs. Je n'y crois pas
trop).
Nous passons sur trois ponts (le passé, le présent, le futur) avant d'arriver au Dazaifu Tenmagu. Je laisse les photos relater mon émerveillement (pluvieux):
Nous passons devant un arbre vieux d'au moins mille ans (et pour une fois cette remarque n'a rien à voir avec mon tic de language, qui consiste à compter par mille). Il est lié à l'histoire de
Tenjin, le poète devenu Dieu.
Puis un jardin flottant (ça a sûrement un vrai nom) et une petite vache de pierre à l'entrée de la forêt (j'aimerais pouvoir la réveiller à l'instar de FitzChevalerie, l'assassin royal):
Nous partons ensuite visiter le Musée National de Kyushu, ouvert en 2005. L'architecture, sans être laide, jure un peu avec les temples, mais le musée est caché par la forêt, alors tant pis
(c'est toujours mieux que Benidorm).
Le musée (420 yens, soit moins de 3€ l'entrée...Monsieur Musée Pompidou, tu lis ce blog???) est extrêmement bien fait: une grande salle qui brosse l'histoire du japon vu de Kyushu/Daizaifu, sans
négliger les apports des pays voisins à l'histoire japonaise, avec des maquettes splendides; autour de cette salle, onze salles à thèmes (histoire volcanique, la route de la soie, les
cloches...). On peut taper sur des reproductions de cloches et de gongs (un bon fou rire à ce propos), toucher de la soie, du lin, sentir des encens et du bois de santal...Ce côté ludique est
extrêmement sympathique. On a du finir la visite en courant, malheureusement. J'ai eu une grande discussion avec Taichi-san devant un katana, sur les armes médiévales européennes (je me suis fait
un plaisir de lui décrire les fléaux d'armes (mes préférés), les arbalètes, les hallebardes (je suis même sorti du cadre médiéval pour évoquer les baïonettes de 14-18), à grand renforts de gestes
(...j'aime beaucoup les armes médiévales)). Puis une autre devant la section "les chrétiens se sont fait bouter hors du japon" (pas une mauvaise idée de la part des habitants de l'époque, à mon
humble avis), où j'ai essayé d'expliquer ce que je sais de la religion chrétienne puis catholique. Il y avait une vierge à l'enfant aux traits bouddiques, que j'ai trouvée très émouvante.
Le temple suivant était fermé, nous sommes donc redecendus vers la rue marchande. La ville était vide (Everybody's dead?...après le coup des armes médiévales, j'ai précisé à Taichi-san qu'il ne
fallait pas s'inquiéter de mon côté morbide. Dieu merci il n'était pas du tout choqué).
J'ai failli défaillir dans un magasin principalement axé sur le thème "Mon voisin Totoro" (je voulais tout.)
(d'ailleurs, parenthèse, voici mon nouvel ami de sac, Totoro Himself:
fin de la parenthèse)
Un autre magasin était dédié à Kitaro (un manga très populaire ici, très drôle visiblement, contant l'histoire de Kitaro, qui vient du monde des fantômes. Son père est un globe oculaire, il a un
ami homme-souris. Tout cela est bien déjanté, et les produits dérivés sont à la hauteur (faudra que j'y retourne...)).
Voici Kitaro (j'ai eu la chanson de Kitaro dans la tête pendant tout le trajet du retour):
Je laisse l'image en grand, pour que vous voyiez bien le papa de Kitaro. Il faudra que je visionne ça, a priori, il y a tous les critères requis pour que cela me plaise.
Il a bien fallu rentrer. L'histoire s'achève.
La fête de la musique n'existe pas ici (le concept plaît beaucoup à Tanimura-sensei à qui j'en ai parlé). Tant mieux. Parce qu'avec la pluie, ç'aurait été triste.
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Ici, un mâle, que nous appelerons Nestor (pour ne froisser personne de ma connaissance),
si jamais j'ai de nouveau besoin de parler des Drosos.
Il semble y avoir une "Quinzaine HK" à l'occasion de laquelle il est possible de se
faire faire une carte de crédit (évidemment cachée par le flash) à l'effigie de ce petit chat...